Manifeste citoyen

Manifeste citoyen pour une autre politique sanitaire

Cet article a été publié dans Médiapart en Bigorre

La crise sanitaire de la Covid 19 a mis en lumière la faillite du système de santé, les activités frauduleuses au sein de la recherche, des publications scientifiques, de l’industrie pharmaceutique, et l’absence de régulation politique. Ceci est bien connu et a déjà fait l’objet de publications, dont en particulier le livre du Pr Peter C. Gotzsche (Remèdes mortels et crime organisé – Comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé). Au vu de la façon dont la crise sanitaire est gérée (1289 morts pour 1 million d’habitants en France mais 0,38 mort pour 1 million d’habitants à Taïwan ou au Vietnam au 1er mars 2021), il est grand temps que les citoyens soient entendus et puissent exprimer librement leurs positions et leurs choix quant à ce que l’on leur propose, en particulier face à deux approches distinctes.

L’approche centrée sur le développement de nouveaux médicaments et de vaccins

Cette approche relève d’un choix politique soutenu en particulier par la Commission européenne et par le gouvernement français, et il s’appuie sur deux aspects :

1/ Le développement de nouvelles molécules par l’industrie pharmaceutique. Ce développement prend forcément beaucoup de temps (habituellement au moins dix ans), le temps de mener des études pour évaluer l’efficacité et la tolérance du médicament. Ce sont des traitements coûteux qui ne pourront donc s’adresser qu’à un nombre restreint de situations, à savoir des phases avancées de la maladie, mais dont la preuve de l’efficacité reste aléatoire pour beaucoup d’entre eux. On peut mettre dans ce cadre l’exemple emblématique du remdesivir. Alors que ce traitement est inefficace, déconseillé par l’Organisation mondiale de la Santé et la Haute Autorité de Santé en France, et présente de nombreux effets secondaires, il bénéficie toujours d’une AMM (autorisation de mise sur le marché) conditionnelle, et l’EMA (agence européenne des médicaments) envisage une extension de son utilisation.

2/ Un projet de vaccination massive avec des vaccins dont on connaîtra fin 2023 la réelle efficacité et la toxicité éventuelle. Ces vaccins peuvent être qualifiés d’expérimentaux car ils sont susceptibles d’être retirés, ou non, d’ici fin 2023 pour cause d’inefficacité ou de toxicité. Ils bénéficient eux aussi d’une procédure d’AMM conditionnelle. Selon la revue Prescrire, « L’objectif de ces procédures est toujours d’assurer un accès au marché plus rapide grâce à la réduction de la durée de développement du médicament et/ou de son évaluation ….Le retour d’expérience sur l’utilisation des AMM accélérées démontre malheureusement que les médicaments concernés sont souvent autorisés malgré une balance bénéfices-risques non rassurante ». Ainsi, selon les données du 19/02/2021 au 25/02/2021 pour le suivi des cas d’effets indésirables des vaccins COVID-19 par l’ANSM, lorsqu’il y a un effet secondaire après vaccination, dans 24 % des cas, ces effets indésirables sont graves, pouvant aller jusqu’au décès, sachant que les chiffres de décès imputés au vaccin sont minorés. Recueillir un véritable consentement à la vaccination nécessiterait donc d’informer sur

  • le mode d’action attendu de vaccins jamais utilisés jusqu’à présent,
  • l’absence de données sur la réelle efficacité des vaccins
  • la possibilité d’effets secondaires graves à court terme, dont le risque de décès
  • l’absence d’informations sur les effets secondaires à moyen et long terme,
  • l’absence de responsabilité du laboratoire en cas d’effets secondaires graves,
  • le principe d’une AMM conditionnelle et ses lacunes, avec des résultats attendus en 2023 pour évaluer l’efficacité et les effets secondaires des vaccins
  • le statut juridique particulier de l’EMA qui délivre cette AMM conditionnelle.
  • la faible mortalité de la Covid qui touche les plus de 65 ans porteurs d’autres maladies

Après avoir reçu l’ensemble de ces informations, chacun est libre de faire confiance, ou non, au gouvernement et à sa gestion de la crise sanitaire, à l’industrie pharmaceutique, au principe d’une AMM conditionnelle, pour donner en toute connaissance de cause son consentement à sa participation à une telle expérimentation.

Dans les deux cas, la manne financière pour l’industrie pharmaceutique est considérable : une molécule chère (telle que le remdesivir) pour les phases avancées de la maladie, des vaccins développés à l’échelle mondiale et adaptés en fonction des variants et nouveaux virus qui émergeront du fait de la crise écologique. Il n’y a en effet aucun intérêt pour l’industrie pharmaceutique à valoriser des anciens médicaments peu chers dont l’existence pourrait même menacer la possibilité de développer des médicaments sous AMM conditionnelle.

Par contre, cette approche ne répond pas à une situation d’urgence ni à l’intérêt des malades. Un an après le début de la crise, en présence de signes évoquant une infection Covid, les consignes restent les mêmes : « restez chez vous et prenez du paracetamol ». Cette approche utilise principalement comme traitement des interventions non pharmaceutiques telles que le confinement. Or aucune étude n’a fait la preuve de son efficacité.

Les indicateurs utilisés par les tenants de cette approche sont :

  • le nombre de test PCR positifs, sans que l’on sache à quoi correspond un test PCR positif
  • le nombre de décès, sans que l’on connaisse réellement la cause du décès (maladie pré existante ou non) ni l’âge (on sait que la mortalité des moins de 50 ans a baissé en 2020 comparativement à 2019)
  • l’occupation des lits de réanimation, sans que l’on connaisse là aussi la réalité des chiffres.

Cette approche ne répond pas non plus à une approche sécuritaire. Si au terme des études (fin 2023), les vaccins s’avèrent présenter de graves effets secondaires à moyen ou long terme et de ce fait n’obtiennent pas d’AMM, il sera trop tard pour revenir en arrière, surtout si des effets secondaires graves se manifestent à l’échelle de l’humanité.

Ces décisions politiques imposent à tous les médecins une approche médicale unique. Les médecins qui en dérogent sont convoqués par l’ordre des médecins et menacés de sanctions. Pour imposer ce dogme politique, il faut faire peur, utiliser les médias pour matraquer avec les mêmes messages, présenter la maladie comme grave (mais occulter le fait que des pays comme Taïwan ou le Vietnam ont une mortalité quasi nulle), manipuler des chiffres difficiles à vérifier comme les décès Covid, modifier les indicateurs en parlant de cas confirmé pour un simple test positif, ne pas quantifier la charge virale et donc ne pas identifier les personnes à fort risque de contamination, discréditer les traitements à partir d’anciennes molécules par des études frauduleuses (hydroxychloroquine) ou bloquer leur utilisation en refusant des prescriptions sous RTU (ivermectine), biaiser l’expertise sanitaire par des conflits d’intérêts, mettre des entraves aux traitements précoces des malades, maintenir une crise hospitalière en réduisant le nombre de lits, provoquer un débat sur le passeport vaccinal en faisant peser des contraintes sur les non vaccinés, ou provoquer une lassitude pour amener la partie réticente de la population à accepter la vaccination au travers d’informations tronquées.

Cette approche politique pose question sur les motivations à bloquer toute tentative de traitement des formes précoces. Elle pose question sur le déni de la démocratie sanitaire (article 35 du code de déontologie médicale, article L1111-2 et L1111-4 du code de santé publique). Elle pose question quant aux raisons qui poussent à mener une politique contre l’intérêt manifeste des citoyens.

L’approche portée par le manifeste de la quatrième voie

Cette approche s’appuie sur le partage d’expérience entre médecins de ville avec l’utilisation d’anciennes molécules disposant déjà d’une AMM (hydroxychloroquine, azithromycine, ivermectine…) et pouvant être utilisées dans le cadre d’une RTU ou hors AMM. Ces différents traitements sont connus, en général bon marché, ils disposent d’une bonne tolérance, et peuvent être utilisés rapidement pour l’ensemble de la population pour le traitement des formes précoces comme ils le sont dans d’autres pays. Ces traitements pourraient s’intégrer à une vision globale de la médecine avec utilisation des médecines traditionnelles (en particulier pour le renforcement de l’immunité par des vitamines, plantes et autres approches naturelles) comme cela est le cas pour des pays asiatiques comme Taïwan.

Pour évaluer l’efficacité de cette approche, il faudrait se baser sur la quantification de la charge virale suivant les recommandations de la Société Française de Microbiologie, les données officielles du réseau Sentinelles avec le nombre de cas d’insuffisance respiratoire aiguë en consultation de médecine de ville, le pourcentage de malades hospitalisés parmi les cas de Covid confirmés, l’âge et les facteurs de risque de complication pour les personnes décédées.

Cette approche ne présente pas de rentabilité pour l’industrie pharmaceutique. Faute d’une volonté politique, on ne peut pas avoir de certitude scientifique en terme d’efficacité, mais de nombreuses études montrent d’ores et déjà des résultats positifs bien plus encourageants qu’avec des molécules telles que le remdesivir. Or on fait la promotion de ce dernier et on ignore des traitements disponibles pour agir potentiellement sur les formes précoces, que ces traitements soient utilisés seuls ou en combinaison.

Il faut donc déjà simplement se donner la possibilité d’expérimenter une telle approche dans une véritable démarche scientifique plutôt que d’affirmer de façon péremptoire que cela ne marche pas ou que cela ne correspond pas à l’avis de la majorité des médecins. Ce n’est pas l’opinion du nombre qui fonde une vérité scientifique. Il est scandaleux qu’aucune étude clinique pour les formes précoces n’ait pu être menée ou autorisée en médecine de ville depuis le début de la crise.

Quel serait l’intérêt des citoyens ?

Telle qu’elle est menée, la gestion de la crise sanitaire ne répond pas à l’intérêt des citoyens. Ces derniers ne sont pas consultés, ils ne peuvent exprimer leur choix et participer à la décision médicale alors même que leur parole a toute sa place dans un contexte d’incertitude scientifique. Il semblerait logique d’allier différentes approches. Pour reprendre la formule du président de la République, puisque nous sommes « en guerre », tous les moyens sont bons : renforcer notre propre capacité à se défendre sur le plan immunitaire, utiliser les médecines traditionnelles de façon complémentaire, disposer d’un traitement immédiat pour les formes précoces, développer la recherche sur des nouveaux traitements tout en bénéficiant d’un véritable choix éclairé sur l’efficacité et la bonne tolérance de tel ou tel traitement, y compris les vaccins.

Les citoyens souhaitent rester maîtres de leur santé, pouvoir garder le choix dans la façon dont ils se soignent, bénéficier d’un choix éclairé et participer à la décision médicale. Certains peuvent certes se sentir désorientés, dépassés par manque d’information, ou lassés et prêts à n’importe quelle solution pour sortir de cette crise. Mais un grand nombre ne veulent plus être baillonnés. Ainsi, des citoyens ne comprennent pas comment d’un côté l’Europe peut toujours considérer le remdesivir comme un traitement de la Covid 19 et de l’autre côté ne pas développer de réelles études indépendantes sur l’efficacité des anciennes molécules dont on peut attendre des résultats bien plus prometteurs comparativement au remdesivir. Ils ne comprennent pas qu’un an après le début de la crise, la prise en charge initiale de la maladie reste cantonnée à du paracetamol. Ils ne comprennent pas que l’avis de tous les médecins, y compris la médecine de ville, ne soient pas pris en compte.

Ils ne comprennent pas que des médecins soient poursuivis par l’ordre des médecins pour le simple fait de vouloir soigner des malades plutôt que d’attendre passivement l’aggravation de la maladie. Rappelons que le rapport de la Cour des Comptes sur l’ordre des médecins recommande que « l’ordre doit se tourner résolument vers la défense de l’intérêt des patients ». 

Des citoyens ne comprennent pas que les ressources de la médecine de ville soient ignorées et ne soient pas représentées au sein du conseil scientifique ainsi que le recommandait un rapport du Sénat. Quand on est en guerre, on utilise toutes les ressources et tous les outils thérapeutiques à disposition, la diversité des approches dans un esprit de coopération entre la médecine hospitalière, la médecine de ville et le patient. Des citoyens ne comprennent pas :

  • les choix politiques qui ont mis la France en dépendance envers l’étranger pour du matériel médical ou des médicaments du fait de la délocalisation de la production,
  • que le gouvernement ne veuille pas résoudre la crise hospitalière
  • que le gouvernement refuse ou bloque le traitement des formes précoces qui par ailleurs soulagerait la pression hospitalière, permettrait une sortie de crise plus rapide et diminuerait le coût financier
  • que le gouvernement refuse ou bloque le traitement des formes précoces pour imposer des confinements répétés et un couvre-feu
  • que toute autre piste que la vaccination soit écartée
  • que le gouvernement et les grands médias adoptent une stratégie de la peur ni les raisons qui poussent à adopter une telle stratégie
  • les choix de l’EMA et de l’Europe alors que cette dernière n’a pas de compétence en matière de santé
  • les choix politiques qui bafouent les règles de l’expertise sanitaire et la démocratie sanitaire
  • l’intrusion du politique dans le champ de la santé et la façon dont les médecins de ville peuvent ou non soigner

Toutes ces incompréhensions et toutes ces questions que se posent un nombre de plus en plus important de citoyens demandent des réponses. Des réponses de la part de nos dirigeants politiques. Des réponses de la part de ceux qui sont censés nous représenter, les députés et les sénateurs en particulier. Et aussi des réponses de la part du président du conseil de l’ordre des médecins.