A qui se fier ?

La stratégie du gouvernement se fonde sur la vaccination de masse et, en attendant ses effets espérés, sur les confinements et le port généralisé du masque. Elle ne fait pas l’unanimité. Certains en proposent une autre: s’appuyer sur le renforcement de l’immunité, sur une stratégie efficace pour tester, tracer, isoler et sur le traitement précoce des formes symptomatiques de la maladie en médecine de ville.

Ceux qui s’expriment sur ce sujet mettent la science en avant, mais celle-ci ne parle pas aujourd’hui d’une seule voix. Ce n’est pas surprenant : lorsque surgit un problème nouveau, les progrès sont dus depuis toujours à la conduite de recherches multiples, au débat, à la confrontation des points de vue. «Les sciences progressent par l’organisation collective des controverses scientifiques » (Etienne Klein). Et cela prend du temps.

Quelques exemples célèbres: il a fallu des siècles pour que tous (ou presque) admettent que la terre n’est pas plate, et plusieurs décennies, au XIX ème siècle, pour que le lavage des mains soit considéré comme allant de soi chez les soignants Plus récemment, il a fallu aussi plusieurs décennies pour que soit reconnue la toxicité du tabac ou de l’amiante.

La science fonctionne sur un temps long, forcément trop long en cas de crise sanitaire face à un problème nouveau, comme celui qui nous occupe aujourd’hui, et ce pour deux raisons.

D’une part, les débats entre scientifiques, l’examen contradictoire de nombreux travaux, la production d’un consensus prennent du temps.

D’autre part, les études scientifiques elles-mêmes en demandent aussi. Dans le cas de la covid, certains scientifiques ont prôné l’utilisation d’essais cliniques classiques en matière de traitements, dits randomisés. Ceci signifie que l’on traite une partie d’un échantillon de malades avec le traitement à tester et l’autre partie avec un placebo ne contenant aucun principe actif, aucun malade ni soignant ne sachant qui reçoit quoi. On examine ensuite la différence d’effets constatés chez les deux parties de l’échantillon. Seulement ensuite, si les résultats sont concluants, on utilise le traitement. Cependant, pour parvenir à un bon degré de probabilité, il faut plusieurs études de ce genre et donc, des méta-études reprenant toutes les études publiées, examinant leur fiabilité et les conclusions qu’on peut tirer de cet ensemble. Inutile de dire que tout cela prend aussi du temps. De ce fait, s’agissant des traitements à utiliser contre la covid 19 des médecins ont réclamé, mais sans succès, la mise en place d’études observationnelles pour l’utilisation, en phase précoce de la maladie, de médicaments connus et peu dangereux si prescrits par des médecins. Ceci signifie que l’on administre aux patients le traitement à tester et qu’on en recense les résultats, quitte à en suspendre l’essai s’il ne s’avère pas concluant. C’est évidemment plus rapide et plus adapté en temps de crise d’autant qu’il existe très peu de preuves indiquant des différences significatives au niveau de l’estimation de l’effet entre les études observationnelles et les essais cliniques randomisés. On notera au passage que c’est finalement ce même principe d’une étude observationnelle, refusé pour les traitements, qui est appliqué à grande échelle pour les vaccins anti-covid. En effet, la décision finale quant à la balance bénéfice-risque de ces derniers n’est prévue qu’après un à deux ans de campagne de vaccination générale.

Alors, à qui se fier ? Comment se faire une opinion quand on n’est pas spécialiste de la question ?

Se ranger à l’avis d’une majorité ? C’est à dire regarder le nombre de scientifiques favorables à l’une ou l’autre thèse ? Difficile à calculer. Et l’histoire des sciences est emplie d’épisodes où une thèse, minoritaire à un moment, finit par faire consensus. Voir par exemple à ce sujet un classique de l’histoire des sciences : Thomas Kuhn – La structure des révolutions scientifiques – Flammarion, 1983.

Examiner la compétence des scientifiques qui s’expriment ? C’est indispensable mais des personnes disposant de références sérieuses se sont exprimées pour l’une et l’autre stratégie. Il sera bon, en outre, de vérifier que la personne qu’on écoute a bien étudié la question. Il est aussi nécessaire de tenir compte des conflits d’intérêts éventuels chez les scientifiques qui s’expriment dans les médias ou conseillent le gouvernement, du fait de leurs liens avec l’industrie pharmaceutique. Dans un article scientifique, les auteurs sont supposés déclarer tous leurs liens d’intérêts relatifs au sujet traité. Dans les déclarations à la presse ou sur les plateaux de télévision, en revanche, ils n’y sont pas tenus et on le leur demande rarement. On peut cependant consulter, pour les scientifiques médicaux français, la base de données eurosfordocs qui en recense une bonne partie.

Se fier aux laboratoires pharmaceutiques ? La campagne de vaccination est de nature à faire gagner des sommes énormes à l’industrie pharmaceutique. Difficile de s’y fier avec de telles sommes en jeu, et en sachant qu’un certain nombre ont déjà été condamnés pour marketing frauduleux.

Se fier à l’ordre des médecins ? Il est censé veiller à la question des conflits d’intérêt, résoudre les litiges entre médecins, veiller au respect du code de déontologie. Bien qu’il soit théoriquement indépendant et qu’il puisse avoir un avis sur telle ou telle problématique de santé, il n’est pas dans son rôle de décréter la science.

Se fier à la sélection opérée par les grands médias ou les grands moteurs de recherche (ex.Google) ? Cela peut être commode. Il convient seulement de garder à l’esprit que les principaux médias grand public sont détenus soit par l’État soit par quelques milliardaires ou grands groupes financiers. Les grands moteurs de recherche sur internet sont détenus par des acteurs similaires. Si l’on considère que l’on a la même vision du monde et les mêmes intérêts qu’eux, consulter leurs médias ou utiliser leurs outils est un bon choix. Si on en doute, mieux vaut chercher ailleurs. A titre d’information:

L’État contrôle France Télévision, Radio France et Arte (à 50%).

Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR, contrôle Libération, L’Express, BFM TV.

Xavier Niel, patron de Free, contrôle avec un autre associé, Le Monde, Télérama, Huffington Post, L’Obs. Le Monde a par ailleurs bénéficié de subventions de la Fondation Bill et Melinda Gates, grande promotrice des vaccins, pour plus de 2,8 millions de $ depuis 2014.

Bouygues contrôle à la fois Bouygues Tel et TF1, LCI.

Bernard Arnault (LVMH), beau-père de Xavier Niel, contrôle Les Echos, Le Parisien, Aujourd’hui en France, Radio Classique.

LAFP (Agence France Presse) est pourvoyeuse de nombreuses informations aux autres médias et d’articles quasiment tout faits pour des rédactions pressées ou à effectif réduit. Elle est dirigée par un Conseil d’Administration composé en majorité de représentants de l’État et des grands médias.

La liberté et l’indépendance de la presse que nous avons connues dans le passé se sont donc beaucoup amoindries.

Voir également, pour sources et commentaires ici et ici.

Se fier au gouvernement ?

Difficile en France, quand on relève toutes les incohérences de sa gestion. Il est urgent de faire une évaluation des mesures sanitaire prises en y incluant les destructions sociétales qu’elles engendrent.

Préoccupant aussi est son refus de dialoguer avec ceux qui questionnent et ne voient pas comme lui.

En outre, la politique menée est celle qui favorise au mieux les grands laboratoires pharmaceutiques. On peut croire qu’il s’agit d’une simple coïncidence, ou on peut soupçonner que la puissance financière, par bien des voies, permet d’orienter le débat scientifique et les politiques publiques. Ces voies sont bien répertoriées car utilisées déjà dans d’autres domaines.

S’agissant de l’influence des grandes entreprises dans la débat scientifique concernant leur activité, on ne saurait trop recommander la lecture du livre de Stéphane Foucart, La fabrique du mensonge – Folio, 2013. Il documente la façon dont ces dernières ont pesé sur le débat de manière à mettre en doute la dangerosité de leurs produits ( tabac, amiante, pesticides…). On retrouve régulièrement les mêmes stratégies : financer des sociétés savantes, des laboratoires de recherches ou des thèses de manière à se créer un vivier de scientifiques partenaires. Ces derniers pourront alors, en cas de besoin, travailler sur des études qui leur seront favorables. Il n’est pas rare qu’on constate alors statistiquement que les études financées par les industriels sont plus favorables à ces derniers que des études indépendantes, ne serait-ce que, lorsqu’une étude financée par les industriels ne leur est pas favorable, il est toujours possible de ne pas la publier. Voir à ce sujet ici, ici et ici en anglais).

Ces scientifiques partenaires peuvent également s’exprimer dans les médias et siéger dans les organes consultatifs chargés de conseiller les autorités publiques.

S’agissant de l’influence des autorités publiques, les moyens licites sont également bien répertoriés. D’une part, le lobbying ; les multinationales peuvent dans ce domaine mobiliser des moyens sans commune mesure avec ceux dont les organismes de la société civile disposent. D’autre part, les réseaux entretenus au sein des «élites » et les aller-retours de scientifiques ou haut-fonctionnaires entre des entreprises privées et des organismes publics de régulation ou de contrôle.

Le jeu est alors le suivant : les autorités publiques sélectionnent, pour siéger dans leurs comités ou conseils scientifiques, des experts liés à l’industrie concernée. Ces derniers y sont suffisamment nombreux pour que ces organismes rendent des avis favorables à cette industrie en s’appuyant sur les travaux qui lui sont également favorables ( dont ceux qu’elle a financés) et en ignorant ou disqualifiant les autres. Les autorités publiques peuvent alors se prévaloir de « la science » pour justifier leur politique.

Le monde de la santé n’échappe pas à ces mécanismes. Nous avons cité ailleurs sur ce site l’exemple de l’Agence Européenne du Médicament. On peut lire aussi à ce sujet: Peter Gotzsche – Remèdes mortels et crime organisés – Presses de l’Université Laval, 2019

Alors, à qui se fier ? … À personne aveuglément.

Prêter attention à ce qui peut ressembler à de la manipulation

Il est bon d’avoir à l’esprit que des techniques de manipulation, bien connues en sciences sociales, sont fréquemment utilisées dans les affaires publiques et en marketing.

Dans ce qui nous est dit, joue-t-on exagérément sur les émotions, la peur (nous avons mis en évidence, ailleurs sur ce site, que tel a été le cas sur plusieurs sujets), ou reste-t-on rationnel ?

Si l’argument se veut rationnel, l’est-il vraiment ? Il n’y a pas besoin d’être scientifique pour l’évaluer et il faut bien reconnaître que, sur ce plan, le discours du gouvernement et des grands médias présente des faiblesses sérieuses.

En voici deux majeures :

– double discours  ( propos tous tenus dans les derniers mois) :

Les vaccins sont la seule solution / on ne sait pas si les vaccins interrompent la contagion

le Ministre de la santé a indiqué récemment que l’on ne savait pas si les vaccinations covid étaient efficaces pour interrompre la circulation du virus. Récemment sollicité par un plaignant vacciné qui demandait à ne plus être soumis au confinement, le Conseil d’État a débouté le plaignant. Parmi ses conclusions, on peut lire à la page 4: « 11.Au regard des incertitudes qui demeurent quant à la contagiosité réelle des vaccinés susceptibles d’être porteurs sains du virus, notamment au regard de la diffusion des variants et de l’ampleur des conséquences négatives pour la santé publique d’une levée sans délai des contraintes qui,à ce stade, progressivement réduites, cesseront d’être en vigueur le 2 juin 2021,il n’y a pas matière, en l’espèce, pour le juge des référés, à user des pouvoirs qui sont les siens ».

– deux poids deux mesures : 

Il y a urgence et danger …il faut utiliser les vaccins même s’il y a incertitude sur leurs effets face au covid 19 / il ne faut pas essayer de traiter avec des des molécules bien connues car il y a incertitude sur leurs effets face au covid19*

Le gouvernement est parfois plus catégorique en soutenant qu’il n’y a pas de traitements efficaces. Dans ces cas là il occulte les travaux scientifiques qui disent le contraire ; ceux-ci me manquent pourtant pas; voir ici et ici. Tout au plus peut-il donc soutenir qu’il y a incertitude parce que les scientifiques sont partagés sur le sujet.

De telles incohérences sont le signe soit d’incompétence, soit de manipulation. Dans tous les cas, ils n’inspirent pas confiance.

Ecouter plusieurs sons de cloche…

Lire les rapports de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de la Mission indépendante nationale ou du document de la CNIL sur les dérives liberticides du pass sanitaire. On peut également consulter la base de données https://ourworldindata.org/ pour les chiffres liés du covid dans d’autres pays (en anglais)

D’autres voix s’élèvent pour démonter le discours officiel. Elles sont attaquées avec virulence par les grands médias. Cependant, il est important de se renseigner sur ce qu’elles disent pour, ensuite, se faire sa propre opinion.

Vous pouvez, pour commencer, chercher sur youtube ou sur https://odysee.com/ ce que disent des personnes qui étaient reconnues dans leur domaine avant la crise du covid. Il serait étonnant qu’elles aient toutes perdu leurs compétences d’un seul coup. Ce sont des médecins (Louis Fouché, Gérard Maudrux, Eric Ménat), des scientifiques (Alexandra Henrion-Caude, John Ioannidis, Christian Peronne, Didier Raoult, Laurent Toubiana, Jean-François Toussaint, Michael Yeadon), un philosophe (André Comte-Sponville) , des sociologues (Jean-Dominique.Michel, Laurent Mucchielli), des avocats (Carlo Brusa, Reiner Fuellmich).

Vous pouvez voir également quels médias ou sites les invitent. Ils ne sont pas infaillibles mais ils sont une source d’informations que le gouvernement et les grands médias passent sous silence. Il en est de tendances politiques diverses, ils donnent la parole à des scientifiques, y compris certains qui sont pro-vaccin en général. Loin d’être tous « complotistes », beaucoup sont simplement critiques de la politique menée. En les consultant, vous y trouverez des liens vers encore d’autres sources.

…Ensuite, comparez et à vous de juger !

Idéalement, il serait bon de pouvoir s’appuyer sur une expertise scientifique rigoureuse et consensuelle. Ceci nécessiterait un dialogue, dans le cadre de la Haute Autorité de Santé, entre des médecins hospitalo-universitaires, des médecins généralistes ayant une expérience de la prise en charge de la maladie en ville, des représentants des divers collectifs citoyens qui ont émergé suite à la crise sanitaire et qui ont une véritable expertise sur la Covid 19. Les différentes écoles de pensée doivent pouvoir échanger, et les représentants des citoyens sont là pour les inciter à trouver un consensus dans l’intérêt des malades.

Ce groupe de travail devrait faire office de conseil scientifique et participer à un comité de pilotage composé également de la Direction générale de la santé, de Santé Publique France, de l’Agence nationale de sécurité du médicament, du centre national de référence des virus des infections respiratoires de l’institut Pasteur, du réseau Sentinelles, du Haut conseil de la santé publique, et de quelques députés. Seul ce chemin pourrait permettre de retrouver la confiance envers les autorités. Celles-ci ne semblent pas vouloir l’emprunter.

A défaut, ou dans cette attente, la situation nous fait prendre conscience qu’il n’existe pas à ce jour d’oracle nous délivrant la Vérité. En démocratie, cela nous incite à cultiver quelques vertus essentielles : la capacité de discernement, le dialogue et le respect des opinions d’autrui.

nb : pour des recherches plus approfondies, il est bon de savoir qu’internet est rarement neutre au sujet du covid.

Les grands moteurs de recherche, appartenant à des géants du net, tels Google ou Bing (Microsoft) mettent en valeur ce que leur propriétaires souhaitent que vous trouviez. Au sujet du covid, ils ont clairement pris parti pour le discours officiel. Certains moteurs de recherche se présentent en alternatives aux précédents mais ils ont recours à certains résultats de ces derniers pour opérer leur sélection (Duck duck go, Lilo) ; ils ont cependant l’avantage de ne pas enregistrer ce que vous faites sur internet. Dans cette catégorie, Qwant semble le plus indépendant de ces grands moteurs de recherche, et n’enregistre pas non plus ce que vous faites. D’une manière générale , il est sage de consulter au moins deux moteurs de recherche et de ne pas se contenter des premières références de la première page.

Du fait de leur prise de position sans ambiguité, Youtube (Google), Facebook, Twitter censurent certaines videos ou certains messages qui sont trop contraires au discours officiel. Ils en laissent cependant passer une partie seulement, d’où l’intérêt de consulter d’autres plates-formes comme odysee.

Wikipedia est l’encyclopédie en ligne bien connue. Son fonctionnement est tel que, sur des sujets polémiques ou sur des personnes, ses pages peuvent être monopolisées par un rédacteur ou un groupe de pression qui y fera passer son opinion, bien loin parfois de la neutralité qu’on peut attendre d’une encyclopédie. C’est le cas au sujet du covid.