A Taïwan

Les leçons de la gestion de la crise sanitaire par Taïwan – 16 Janvier 2021       Voir ici en PDF           (tout texte en couleur correspond à un lien)

La crise sanitaire de la Covid 19 a été gérée de façon bien différente par la France et par Taïwan. Concernant la mortalité rapportée à un million d’habitants, la France se situe au 15ème rang des pays les plus touchés et Taïwan au 15ème rang des pays les moins touchés. Voyons cela dans ce tableau comparatif (des liens sont insérés dans les colonnes).

La France a donc mal géré cette crise sanitaire, et d’une manière générale, l’Europe a beaucoup moins bien géré cette crise sanitaire que l’Asie. Ce qui pose un certain nombre de questions :

  • La France est-elle sur le déclin, tant au niveau politique, démocratique, sociétal que médical ?
  • Alors que l’on attendait un effondrement de l’Afrique ou de l’Inde, le coronavirus est-il un révélateur du déclin de l’Europe et de la chute de l’Occident ?
  • L’Europe a-t-elle fait la preuve de son échec ?
  • Les politiques néolibérales sont-elles pertinentes ?
  • Nos sociétés individualistes sont-elles plus fragiles comparativement à la plupart des sociétés asiatiques où le bien de la société est central ? Comment penser le bien-être collectif ?
  • Peut-on concilier les droits individuels et le bien de la collectivité ?
  • Sachant que de nouvelles pandémies sont attendues dans le futur, comment mieux s’y préparer ? C’est ce point que nous allons maintenant aborder.

Mieux se préparer aux futures pandémies

Un plan national pandémie grippale a été élaboré en 2011 pour réduire autant que possible le nombre de victimes et préserver le fonctionnement de la société et de l’activité économique. Suite à la crise sanitaire, ce plan mérite d’être réactualisé pour plusieurs raisons : il y a eu retard au déclenchement du plan, défaillance sur le stockage des moyens de protection et des produits de santé, les médecins libéraux auraient dûs être davantage sollicités, le conseil scientifique n’est pas mentionné dans le plan, les modalités de la recherche des contacts ne sont pas évoquées, les vaccins ont évolué…. En tirant les leçons de la gestion de la crise sanitaire par Taïwan, de l’impréparation de la France (selon le Pr Rapp, en 2018, la France n’était toujours pas prête) en s’inspirant des dix propositions à l’intention des gouvernements ainsi que des bases fondamentales d’une réponse à une épidémie virale, on pourrait résumer ainsi les points essentiels pour une meilleure préparation aux futures pandémies :

  1. anticiper pour une réactivité précoce : mettre à jour le plan national pandémie en concertation avec des médecins hospitaliers, des médecins libéraux, des biologistes, des vétérinaires (la Covid est une zoonose), des chercheurs et des représentants de malades, redéfinir les règles de l’expertise sanitaire et de la composition d’un conseil scientifique, analyser différentes mesures utilisées dans le monde en 2020 (protection de l’entourage familial d’un malade, quatorzaine avec aide adaptée, évaluation comparative de la recherche de qui a contaminé le cas ou de la recherche des contacts du cas), anticiper des éventuelles questions juridiques pour concilier respect des libertés et mesures sanitaires, réflexion sur l’utilisation de protocoles d’essais cliniques (en ville comme à l’hôpital) en situation d’urgence sanitaire, former les personnels soignants

  2. le contrôle de la contagion : gestes barrières, cibler les personnes les plus exposées et les plus fragiles, protéger et soutenir le personnel de santé et de soins, concilier les droits individuels et le bien social, recherche de traitements, contrôle des frontières, coopération européenne…

  3. une communication claire pour maintenir le lien de confiance et l’adhésion aux mesures prises (ceci sera grandement favorisé par un climat préalable de paix sociale et la certitude que les élus agissent dans l’intérêt du bien public et ne sont pas liés à des intérêts privés)

  4. le traitement en phase précoce par la médecine de ville avec prise en compte de l’expertise des médecins libéraux (par exemple par des études qui comportent une mesure avant et après utilisation d’une molécule ancienne susceptible d’être efficace), organisation des lieux pour éviter contact entre malades et non malades, développement de la téléconsultation, prévention des formes graves par une action sur l’immunité (zinc, vitamine C et D….)

  5. toutes les mesures précédentes seront d’autant plus efficaces pour désengorger l’hôpital qu’un plan santé pour l’hôpital aura été préalablement mis en place et que l’on aura remédié au manque de personnels soignants

  6. si ces mesures permettent de contrôler une future épidémie responsable d’une très faible mortalité comme la Covid 19, un vaccin aura peu d’utilité, mais si la mortalité est importante, un vaccin sera nécessaire (dans la mesure où l’expertise scientifique est transparente et dénuée de tout conflit d’intérêt pour démontrer efficacité et sécurité)

  7. accompagner vers une nouvelle norme (acquisition d’habitudes comme le lavage des mains…)

Mais si l’on veut vraiment aller à la racine du problème (la destruction de l’hôpital, la perte de confiance envers les élus, l’absence de coopération entre pays européens, la mondialisation des produits de santé, les causes des pandémies avec les destructions des écosystèmes…), on peut se demander s’il ne serait pas nécessaire :

  • de repenser nos institutions et le fonctionnement politique pour retrouver confiance entre élus et citoyens, notre modèle économique, les modalités de la construction européenne, d’assurer l’indépendance des médias, de retrouver une souveraineté sanitaire, de répondre aux enjeux écologiques pour éviter ou limiter les futures pandémies…

  • d’apprendre, à l’échelle individuelle, à développer des compétences psycho sociales, les capacités de résilience des individus, et changer notre rapport à la mort….