Remdesivir suite

Suite du feuilleton du Remdesivir – 24 février 2021

Le Remdesivir a reçu une AMM conditionnelle le 6 juillet 2020. Le 12 février 2021, le PRAC (l’organisme européen chargé de l’évaluation) a conclu qu’il n’existe actuellement aucune preuve indiquant que les problèmes rénaux signalés sont associés à l’utilisation du remdesivir. Ce dernier a donc toujours une AMM conditionnelle. Le 23 février 2021, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a dit prévoir de donner un avis avant l’été concernant l’utilisation éventuelle du remdesivir pour traiter les patients atteints de la Covid 19 n’ayant pas besoin d’une assistance respiratoire. Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’EMA évaluera les données soumises par le laboratoire et recommandera l’autorisation ou non de l’extension d’indication. L’avis du CHMP sera ensuite transmis à la Commission européenne, qui rendra une décision finale juridiquement contraignante applicable dans tous les États membres de l’UE.

On ne peut que s’interroger sur la position de l’EMA alors même que ce médicament n’a pas fait la preuve de son efficacité (l’Organisation mondiale de la santé comme la Haute Autorité de Santé déconseillent son utilisation), a un coût important, présente une toxicité rénale, et favoriserait même des mutations du virus. Toutes ces problématiques, on les retrouve avec les nouveaux traitements par anticorps monoclonal tel que le bamlanivimab, ce qui a valu cette video du Pr Philippe Brouqui : Ne serions-nous pas des cobayes ?

Enfin, pour tenter de développer une AMM conditionnelle pour des médicaments tels le remdesivir, il peut être utile de déclarer, sans fondement :

  • que ce médicament répond à des besoins médicaux non satisfaits
  • qu’il n’y a pas de méthode satisfaisante de traitement
  • que les traitements type hydroxychloroquine, azithromycine ou ivermectine ne marchent pas en phase précoce, ce afin d’éliminer toutes autres solutions qui pourraient faire obstacle à l’utilisation d’un traitement en phase tardive

En effet, une étude qui a porté sur les AMM conditionnelles accordées par l’Agence européenne du médicament (EMA) entre janvier 2006 et juin 2015 a remis en question l’utilisation des procédures accélérées dans des situations où il y a déjà un traitement efficace disponible.